La récession économique épargne jusqu'ici ce secteur, dont le nombre d'adhérents a encore progressé de 7 % en 2008.
«Ma
petite franchise ne connaît pas la crise.» Et si c'était le tube de
l'année 2009 ? Car dans un décor économique plutôt triste, la franchise
a pour l'instant l'air de bien tirer son épingle du jeu.
Alors
que le Salon Franchise Expo doit se dérouler du 13 au 16 mars à Paris,
porte de Versailles, les chiffres de 2008 sont tous au vert : «Nous
sommes passés de 1 141 réseaux en 2007 à 1 234 en 2008 ; le nombre de
franchisés (49 094) a, lui, augmenté de 7 %», détaille Guy Gras,
président de la Fédération française de la franchise. Entre juin 2007
et juin 2008, un franchisé sur deux a créé au moins un poste et, après
quelques années, les franchisés emploient, en moyenne, près de neuf
salariés.
Les enseignes qui ont le vent en poupe ? L'équipement
de la personne (textile, chaussures, lunettes), de la maison (déco,
ameublement), mais aussi la restauration rapide. «Le développement de
ces franchises colle assez bien aux tendances de consommation
actuelles : le repli sur soi, dans sa maison, la consommation de
besoins strictement essentiels. On prend moins le temps de se faire
plaisir à l'extérieur, d'où l'essor de la restauration rapide», analyse
Guy Gras.
La cuvée 2009 sera-t-elle aussi florissante que 2008 ?
Encore difficile à dire. «Certains secteurs pourraient évidemment être
touchés par la crise, comme l'immobilier, le luxe ou encore la
restauration à thème… Mais rien n'est sûr», avance Guy Gras. Il y a
bien eu quelques annulations pour le Salon, mais elles ont profité aux
enseignes qui étaient sur liste d'attente ! Et si on en croit l'étude
CSA-Franchise Expo «Qui est prêt à entreprendre en 2009 ?», un tiers
des Français affirment avoir envie de se mettre à leur compte et de
devenir leur propre patron, en dépit de la conjoncture.
Revenus nets mensuels de 2 500 euros
Sur
le terrain, les franchisés rencontrent pour l'instant très peu de
difficultés liées à la crise. «Trouver un local n'est pas plus
difficile qu'avant ; comme les réseaux s'installent en général en
centre-ville ou en centre commercial, c'est-à-dire dans les plus beaux
emplacements, les loyers, déjà élevés, sont restés stables», affirme
Guy Gras. Du côté des banques, on assure qu'un candidat à la franchise
au dossier bien ficelé ne se voit pas refuser de crédit. «Mais les
banques sont évidemment plus pointilleuses qu'avant sur le plan de
financement», avoue Guy Gras.
Le travail de la Fédération dans
les mois à venir va justement être de nouer de «vraies relations de
confiance» avec les banques. «En ces périodes difficiles, nous voulons
leur montrer que la franchise est attractive pour eux ; après tout,
leur métier est de prêter de l'argent ! Avec le franchisé, les banques
ont l'assurance de la notoriété d'une marque, d'un réseau, et savent
qu'elles prennent moins de risques», affirme-t-il.
Pour 74 % des
franchisés, l'ouverture d'une boutique signifie une entière
reconversion professionnelle, une seconde carrière en quelque sorte.
Les qualités d'un bon franchisé ? «C'est quelqu'un qui aime le métier
qu'il a choisi : un franchisé Yves Rocher ne peut avoir le même profil
qu'un franchisé Midas ou Maisons Phénix ! Il faut qu'il ait un minimum
de passion pour le secteur qu'il a choisi», pense Guy Gras.
Si
le critère financier n'est pas le principal moteur du candidat à la
création d'entreprise, il n'est pas négligeable : la dernière étude CSA
montre que le revenu moyen d'un franchisé, hors capitalisation de son
fonds de commerce, est de 2 500 euros net mensuels. Plutôt attractif
non ?