Les chiffres sont sans appel : les consommateurs aiment McDonald's et
McDonald's aime la crise. Alors que le nombre de faillites dans le
secteur de l'hôtellerie-restauration française progresse de 27,2 % au
premier semestre 2008, la chaîne américaine de restauration rapide
affiche un bénéfice net en hausse de 80 % sur l'ensemble de l'année
passée. Dépassant
largement les attentes des analystes, ces bons résultats ont de quoi
déconcerter. McDonald's est l'une des rares entreprises à avoir vu ses
ventes augmenter en 2008. A l'échelle mondiale, le groupe
peut se vanter d'une progression de 6,9 %, de 4 % aux Etats-Unis, de
8,5 % en Europe et de 7,8 % au Moyen-Orient, en Afrique et en
Asie-Pacifique. En termes de consommation individuelle, "le
nombre moyen de clients par jour a augmenté, à plus de 58 millions",
précisait, lundi, Jim Skinner, le PDG de l'entreprise, dans un
communiqué. Comment expliquer un tel succès ? Pour Charles Pernin,
chargé du secteur alimentation à la CLCV (Association nationale de
consommateurs et usagers), il n'y a pas de mystère : "L'entreprise
communique beaucoup sur la diversification de l'offre, mais ce ne sont
pas les salades, les carottes en bâtonnets ou la qualité des huiles qui
changent la donne. Comme d'autres sociétés de restauration
rapide, McDonald's profite beaucoup de la crise." Outre l'amélioration
du design des restaurants et un plus grand choix de menus, ce sont les
petits prix qui séduisent les consommateurs. Aux Etats-Unis, la
campagne de publicité organisée pour promouvoir un menu à 1 dollar a
connu un franc succès. LE PLUS GROS PLAN D'EXPANSION DEPUIS
CINQ ANS La France, qui compte plus de 1 100 enseignes McDonald's,
n'échappe pas à la tendance. "Du hamburger au kebab, en passant par la
pizza et le sandwich, le marché se porte globalement bien", observe
Dominique Bénézet, secrétaire général du Syndicat national de
l'alimentation et de la restauration rapide. D'après lui, "le
consommateur ne remet plus en cause la qualité sanitaire des produits
et accepte de moins en moins de dépenser 30 euros pour un repas". |

